Les 13 priorités de l’UPA pour le prochain quinquennat

Les treize priorités de l’UPA pour le prochain quinquennat

La première d’entre-elles consiste à donner un avenir à chaque jeune. 

 Le 27 octobre dernier, en ouverture de la deuxième journée de rassemblement des représentants des entreprises de proximité, l’Union professionnelle artisanale (UPA) a présenté, au Palais Brongniart, ses treize priorités pour le quinquennat, en vue des élections présidentielles.

Priorité 1 – Adapter l’orientation scolaire aux besoins de l’économie
• Il faut créer un service public de l’orientation. L’orientation doit être gérée avec tous les acteurs concernés : Education nationale, Régions (dotées des compétences économiques et en charge de la formation professionnelle), partenaires sociaux (représentants des entreprises et des salariés). C’est la garantie de mettre l’école en adéquation.
• Il faut orienter les jeunes en fonction des besoins économiques et leurs aspirations. Les conseillers de ce service public offriront aux jeunes une information complète et objective sur les métiers d’aujourd’hui et de demain, leurs voies d’accès et leurs débouchés. Cette orientation efficace passera par la revalorisation de l’apprentissage et des métiers, et s’appuiera sur le potentiel du jeune.
• Il faut empêcher la sortie du système éducatif sans diplôme ni qualification. Le risque est de devenir un poids à vie pour la société, chaque jeune doit le savoir et prendre ses responsabilités.

Pour Jean-Pierre Crouzet, président de l’UPA : « Le système éducatif doit réviser le contenu de ses enseignements et préparer les jeunes aux réalités économiques s’il ne veut pas fabriquer des futurs chômeurs. »

Priorité 2 – Créer une culture économique précoce et forte
• Il faut faire de l’économie une matière à part entière dès le collège, intégrée dans le cursus de formation générale.
• Il faut multiplier les stages en entreprise pour rendre concret l’enseignement et aider le jeune à trouver sa voie.
• Il faut mener des campagnes de valorisation des métiers de l’artisanat et du commerce de proximité, et des formations techniques qui y mènent, en s’appuyant sur le témoignage de professionnels et de jeunes.

Priorité 3 – Conforter l’apprentissage comme une voie d’excellence
• Il faut sécuriser les contrats d’apprentissage en prévoyant une période d’essai de six mois pendant laquelle les deux parties peuvent rompre le contrat d’apprentissage à l’amiable, et ce dans un intérêt partagé.
• Il faut créer un système de rattrapage pour accompagner le jeune sorti prématurément d’apprentissage, l’aider à rebondir, se réorienter et trouver une autre formation.
• Il faut que les entrées en apprentissage puissent s’effectuer en cours d’année et pas seulement en septembre, pour éviter l’arrêt complet de l’apprentissage par le jeune.
• Il faut conforter l’accompagnement financier des entreprises qui forment des apprentis.

Priorité 4 – Renforcer la qualification
• Il faut créer les conditions pour développer la qualification, tant par la voie de la formation initiale que par celle de la formation continue, ainsi que par la validation des acquis de l’expérience.
• Il faut maintenir l’exigence de qualification pour exercer un métier.

Centrer les politiques sur les TPE-PME

Priorité 5 – Baisser le coût du travail
• Il faut retirer les cotisations d’allocations familiales de la charge des entreprises. La politique familiale ne doit plus peser sur le travail.
• Il faut poursuivre la baisse des cotisations sociales patronales et celle des indépendants.
• Il faut réduire la fiscalité sur les entreprises par une baisse des dépenses publiques (Etat et collectivités territoriales).

Priorité 6 – Faciliter l’accès aux financements
• Il faut exonérer de charges sociales et fiscales les bénéfices réinvestis dans l’entreprise. Ils sont générateurs d’activité et d’emploi et constituent des fonds propres de nature à rassurer les banques.
• Il faut créer un fonds de financement de l’artisanat et du commerce de proximité dédié à la reprise et la modernisation des entreprises.

Priorité 7 – Réinventer l’urbanisme économique
• Il faut obliger les collectivités territoriales, les communes et les intercommunalités à développer le tissu des TPE-PME dans tout projet d’aménagement ou de réaménagement.
• Il faut généraliser à tous les stades les études d’impact des nouvelles mesures sur les entreprises.
• Il faut mettre en place un moratoire sur l’application de la réforme des valeurs locatives professionnelles.
• Il faut prendre des mesures favorisant la transmission des entreprises.

Priorité 8 – Supprimer le compte pénibilité
• Il faut privilégier la prévention au niveau des branches professionnelles en réduisant les circonstances pénibles.
• Il faut remplacer le C3P par un dispositif simplifié, englobant celui des carrières longues, qui compenserait la pénibilité par un départ anticipé à la retraite.

 

Garantir une concurrence loyale

Priorité 9 – Transformer le régime de la micro-entreprise
• Il faut que le régime de la micro-entreprise soit la première marche vers la création d’une entreprise pérenne de droit commun.

Priorité 10 – Réformer le statut de travailleur détaché
• Il faut une harmonisation fiscale et sociale entre les différents Etats membres de l’Union européenne.
• Il faut imposer une règle simple : le droit social et fiscal applicable est celui du pays où le travail est effectué, et ce quel que soit le pays d’origine du salarié et quelle que soit la durée du détachement.
• Il faut des contrôles renforcés et faire appliquer les règles trop souvent dévoyées.

Priorité 11 – Réglementer les plateformes collaboratives
• Il faut faire respecter le droit fiscal et social par les plateformes collaboratives et les utilisateurs dans l’intérêt général.
• Il faut imposer le respect des obligations du métier aux personnes qui commercialisent leurs produits ou prestations via les plateformes collaboratives.

Selon Jean-Pierre Crouzet : « Il faut en finir avec le laxisme et réglementer les plateformes collaboratives. Le contournement des règles par les plateformes est une vraie menace pour l’équilibre de pans entiers de l’économie. »

Réformer le droit du travail

Priorité 12 – Simplifier radicalement le Code du travail
• Le Code du travail doit se limiter à fixer les grands principes des relations du travail qui relèvent de l’ordre public social.

Priorité 13 – Redonner le pouvoir aux branches professionnelles
• La loi doit réaffirmer que les accords d’entreprise ne peuvent déroger aux accords de branche professionnelle que si ceux-ci le prévoient expressément.
• La constitution et la loi doivent permettre aux branches professionnelles de désigner un organisme pour gérer les régimes conventionnels de prévoyance et de complémentaire santé.
• Le seuil de désignation d’un délégué du personnel doit être porté de 11 à 50 salariés.
• Le dialogue social doit s’organiser en dehors de l’entreprise pour les entreprises de moins de 50 salariés.

A noter, le président de la République a clos cette matinée. Reste maintenant aux représentants des chefs d’entreprise de proximité de porter auprès des candidats ces priorités et de les faire vivre.