Le bonheur est dans …………………l’apprentissage !

Malgré les contraintes des différents métiers de l’artisanat du bâtiment, les jeunes qui rentrent en apprentissage chez nous sont épanouis. Les clefs du bien-être ? Autonomie, relations humaines et absence de routine.*

L’apprentissage est pour les artisans la voie privilégiée de formation et d’accès aux métiers du bâtiment. A ce titre, les artisans emploient et forment près de 80% des quelques 90 000 apprentis du BTP…en France !

Dans la nouvelle région Occitanie, ceux sont plus de 5000 apprentis qui sont formés dans les métiers du BTP, dont 850 dans l’Hérault.

L’apprentissage est un « investissement » pour le jeune qui se forme, il investit sur son avenir. C’est aussi un investissement pour l’ensemble du secteur du bâtiment qui doit transmettre ses savoir-faire et ses compétences aux nouvelles générations.

On le voit bien, les enjeux ne se situent pas tant sur le plan quantitatif que sur le plan qualitatif. Deux facteurs principaux peuvent permettre d’optimiser cet investissement dans le temps :

L’attractivité des métiers et du secteur : l’attractivité du bâtiment relativement moins forte que d’autres secteurs explique que les jeunes familialement liés au BTP sont principalement ceux qui font le choix d’une telle orientation (essentiellement vers l’apprentissage).

Conséquences : les jeunes formés sont très majoritairement des jeunes hommes (97,5%) mineurs (près de 50%). Les filières du BTP forment structurellement des jeunes qui par la suite travailleront pour une grande partie dans un autre secteur (industrie, services…).

Pour renverser cette situation, l’apprentissage est un investissement prioritaire pour renforcer l’attractivité auprès des jeunes (garçons et filles), des familles et plus largement du grand public. Ceci est d’autant plus justifié à l’heure de l’écoconstruction et de l’écologie, des valeurs de proximité (et de filières courtes)…qui sont autant de forces reconnues à l’artisanat du bâtiment.

La qualité et l’individualisation de la formation : la profession observe encore des taux d’abandon et de ruptures d’apprentissage importants. Des marges de progrès existent pour qu’un jeune qui s’engage dans un diplôme du BTP l’obtienne et s’insère in fine dans notre secteur (un apprenti sur 2, entrant en CAP sort sans diplôme de son apprentissage).

Conséquences : D’une part, le risque causé par ces ruptures est de diminuer l’attractivité des filières de formations du BTP et la performance de l’investissement des artisans en matière d’apprentissage.

Fort d’un maillage très fin du territoire qui permet de « capter » les jeunes (à la sortie du collège notamment), la profession et son réseau apprentissage BTP se sont saisis de cet enjeu « qualité » depuis plus de 10 ans..

Le CCCA-BTP et son réseau déploie depuis plusieurs années des plans d’action pour améliorer la qualité de l’accueil des jeunes, de leur formation et de leur insertion professionnelle. Les indicateurs montrent des résultats positifs mais encore insuffisants. Notre collègue, Jean Pierre Garcia (artisan maçon à saint Martin de Londres), nouvellement élu président du CFA BTP Languedoc Roussillon, aura à cœur de mener cette mission à bien. Nous le soutiendrons dans ce projet. Nous saluons également la nomination de notre collègue Jean Christophe Repon (artisan électricien à Toulon, et administrateur confédéral), à la tête du CCCA-BTP national.

N’en déplaise à notre ministre de l’économie, Monsieur Emmanuel Macron, qui voulait supprimer les qualifications obligatoires pour créer une entreprise….vive les qualifications, vive l’excellence et vive l’apprentissage !

Plus forts. Ensemble

Bernard François

Artisan couvreur – zingueur

Président de la CAPEB Hérault